Une famille exige des réponses après qu'un policier du Missouri tue une employée de supérette de 25 ans

Par Jacob Crosse
17 juin 2020

La famille et les amis de Hannah Fizer, employée dans une supérette et agée de 25 ans, exigent des réponses des représentants de l'État après son assassinat par un policier du district de Pettis, non encore identifié, lors d'un contrôle routier, le 14 juin, dans la ville de Sedalia, Missouri. Cette ville de 21700 habitants est située à environ 90 miles au sud-est de Kansas City.

La jeune femme, qui était blanche, avait récemment été promue directrice adjointe ; elle se rendait au travail samedi soir dans une supérette Eagle Stop après avoir passé la journée avec sa famille et ses amis. Elle a été arrêtée par un policier du district de Pettis vers 22 h, près de West Broadway Boulevard et de Winchester Drive.

Hannah Fizer

Selon le peu d’informations fournies dans un communiqué de presse par le sergent de patrouille Andy Bell, de la police des autoroutes du Missouri, qui a repris l'enquête officielle, le policier non identifié a effectué un contrôle routier après avoir vu Fizer rouler en « excès de vitesse » et pratiquant « une conduite dangereuse et imprudente ».

Le communiqué de presse de sept phrases déclare que « l’intéressée n'obtempérait pas » et « aurait menacé le policier en déclarant qu'elle était armée et prête à lui tirer dessus ». La phrase suivante allègue que «l'incident a rapidement dégénéré et le policier a tiré avec son arme, touchant la suspecte».

Fizer a été déclaré morte par le médecin légiste du district de Pettis, Robert Smith, peu de temps après son arrivée sur le lieu du crime samedi soir. Le policier n'a pas été blessé.

Dans une interview dimanche matin avec le Sedalia Democrat, le shérif Kevin Bond du district de Pettis a confirmé qu'il n'y avait pas d’enregistrement vidéo policier de la scène du meurtre de Fizer. Bond n'a pas non plus pu confirmer si une arme avait été retrouvée dans le véhicule ou quelles étaient les circonstances ayant conduit à «l'escalade».

Dans le cadre de l'enquête, la police a passé les environs au peigne fin pour trouver des images de vidéosurveillance et demandé à «toute personne disposant d'informations» de les contacter. Les porte-paroles de la police n’ont pas encore expliqué pourquoi le policier tueur n’était pas équipé d’une caméra fixe.

Le policier qui a assassiné Fizer n'a pas encore été interrogé ni identifié publiquement. Selon les enquêteurs, un mandat pour fouiller le véhicule de la jeune femme est « toujours en attente ».

La famille de Fizer a contesté les témoignages de la police selon lesquels elle était armée ou aurait menacé un policier. Le père d'Hannah, John Fizer, dans une interview avec le Kansas City Star, adéclaré qu’elle «… ne tirerait pas sur une grenouille» et que la seule chose qu'elle portait sur elle était «un téléphone portable» et «… ne représentait aucune menace ». « Elle serait la première à aider un mendiant dans la rue ».

La belle-mère d'Hannah, Lori Fizer, 51 ans, ignorait complètement que Hannah portait une arme et a déclaré au Star : « Nous devons savoir exactement comment tout s'est déroulé. » « Elle ne faisait pas plus de 65 kilos et elle était seule. »

La tante de Fizer, Frances Fizer-Gaddy, 56 ans, qui vivait à quelques minutes de voiture de l'appartement de sa nièce, s'est rendue sur le site du meurtre où elle a trouvé du sang sur le trottoir ainsi que des fleurs fraîches récemment déposées.

Fizer-Gaddy estime également que sa nièce ne portait pas d'arme à feu et que sa personnalité décontractée et calme ne correspondait pas à la description d’un agresseur violent avec une pulsion suicidaire, comme la police l'a dépeinte. « Je veux juste qu'ils aillent au fond des choses, découvrent la vérité. »

Dans un entretien avec le Star trois jours après le meurtre, l’ami de Fizer, James Johnson, 22 ans, a posé cette question simple aux enquêteurs de l'État: « Où est l'arme? »

Fizer est sortie de la Marshall High School avec un diplôme en 2014 et laisse derrière elle un frère de 21 ans et quatre demi-frères et sœurs. Puisqu'elle n'avait pas d'assurance vie, la famille appelle aux dons pour aider à couvrir les frais funéraires via la chapelle funéraire Rea de Sedalia.

Fizer était la deuxième personne tuée par la police du Missouri samedi. Un homme blanc non identifié a été abattu par des agents du département de police de Kansas City samedi après-midi vers 14 heures après avoir fui la police. L’homme aurait pointé une arme de poing sur les policiers alors qu’il s’éloignait du lieu d’un accident. Comme pour le meurtre de Fizer, la police des autoroutes du Missouri sera chargé de l'enquête.

Ces derniers assassinats sont de sinistres rappels de la nature de classe de la violence policière et une répudiation objective du récit racial présenté par le Parti démocrate et ses responsables. La police est de nouveau en bonne voie pour atteindre cette année le millier de personnes tuées. Alors que les Afro-Américains sont assassinés de manière disproportionnée, les victimes les plus nombreuses sont blanches et toutes sont, dans leur grande majorité, des pauvres et des travailleurs.

Des chiffres fournis par le Washington Post, datant de plusieurs semaines, estiment que 479 personnes avaient été tuées par la police jusque là cette année ; 191 d’entre elles sont classées par ce journal comme blanches, ce chiffre n’incluant pas ces deux derniers meurtres.

(Article paru en anglais le 16 juin 2020)