Le nombre de cas de coronavirus dans le monde dépassera sous peu le cap des 50 millions

Par Bryan Dyne
9 novembre 2020

Samedi, le nombre de cas mondiaux confirmés de la pandémie de coronavirus devrait dépasser la barre des 50 millions. Une personne sur 156 sur la planète a jusqu’à présent contracté la maladie, sans qu’aucune issue ne soit en vue. Parmi les personnes qui l’ont contractée, plus de 1,2 million ont perdu la vie à cause de cette contagion mortelle, dont plus de 9.000 rien que vendredi.

Il y a à peine deux mois, le 28 août, le monde a connu son 25 millionième cas. Les nouveaux cas dépassent régulièrement les 500.000 par jour et sont en bonne voie d’atteindre les trois quarts de million. Les nouveaux décès ont dépassé leur pic d’avril malgré les progrès réalisés dans le traitement du COVID-19 ces dix derniers mois, ce qui montre une fois de plus à quel point la pandémie s’est enracinée.

Des travailleurs de la santé transfèrent un patient atteint de COVID-19 à l’hôpital Motol à Prague, en République tchèque, le 6 novembre 2020

De tels chiffres ne sont qu'un prélude à ce qui est à venir. Si ces tendances se poursuivent, il pourrait y avoir 100 millions de cas d'ici la fin de l'année, avec une augmentation de 1 million de cas par jour. Comme le Dr Anthony Fauci, directeur de l'Institut national des allergies et des maladies infectieuses, l'a récemment déclaré au Washington Post, «La situation est mauvaise. Toutes les conditions sont réunies: avec l’arrivée de la saison d'automne et d'hiver, les gens se rassemblent chez eux à l'intérieur. On ne pourrait pas être en plus mauvaise posture.»

L’un des dangers les plus graves est que les hôpitaux deviennent trop débordés pour traiter tous leurs patients, comme à El Paso, au Texas, et dans divers endroits d’Europe. Comme on l’a vu à Wuhan, en Chine, en Lombardie, en Italie et, dans une moindre mesure, à New York au début de la pandémie, le taux de mortalité monte en flèche lorsqu’on n’a plus assez de fournitures et de personnel médical pour traiter correctement chaque patient. Alors que le taux de mortalité des nouveaux cas se situe actuellement juste au-dessus de 1 pour cent, il est possible et probable que ce chiffre augmente si le coronavirus continue sa propagation essentiellement incontrôlée.

Rien qu’aux États-Unis, on a enregistré plus de 10 millions de cas d’infection, ainsi que 242.000 décès. L’État du Texas a dépassé la barre du million vendredi, le plaçant après la Colombie au dixième rang des régions les plus infectées au monde. Il est suivi de près par la Californie, qui compte plus de 960.000 cas. Ensemble, ils comptent plus de 37.000 décès, soit plus que tous les autres pays sauf huit (à l’exclusion des États-Unis dans leur ensemble).

Au milieu de ces chiffres calamiteux aux États-Unis et dans le monde, l’ancien conseiller fasciste du président Donald Trump, Steve Bannon, a demandé la décapitation du Dr Fauci. Lors de son podcast jeudi, qui a depuis été repris par Twitter, Facebook et YouTube, Bannon a déclaré que Trump devrait commencer son second mandat, «virer Wray, virer Fauci» (Christopher Wray, le directeur du FBI et Anthony Fauci, directeur de l’Institut national de la santé).

L’ancien stratège en chef du président Donald Trump, Steve Bannon, quitte la cour fédérale, jeudi 20 août 2020, après avoir plaidé non coupable des accusations d’avoir escroqué des donateurs à un programme de collecte de fonds en ligne pour construire un mur à la frontière sud. (AP Photo/Craig Ruttle)

Il a poursuivi, avec une approche médiévale: «J’aimerais en fait revenir à l’époque des Tudor en Angleterre. Je mettrais leurs têtes sur des piques, c’est vrai, je les mettrais aux deux coins de la Maison-Blanche comme un avertissement aux bureaucrates fédéraux, soit vous suivez le programme, soit vous partez».

Fauci est largement reconnu comme l’une des principales autorités en matière de maladies infectieuses, qui s’est fait connaître au niveau national dans les années 1980 pour son travail de lutte contre les épidémies de VIH/SIDA aux États-Unis. Ces dernières semaines, la droite l’a attaqué de plus en plus en raison de ses critiques de la politique de Trump, ou plutôt de son manque de politique, envers la gestion de la pandémie à l’approche de l’élection présidentielle.

En particulier, Fauci a récemment plaidé pour un mandat national de port du masque face à la recrudescence des cas. À ce moment-là, on avait 8,8 millions de cas aux États-Unis, soit plus d’un million de moins qu’aujourd’hui. Cela a déclenché une nouvelle série d’interventions de personnalités de droite telles qu’Alex Jones pour «virer Fauci» sur Twitter et lors des rassemblements en personne de Trump. Trump lui-même a qualifié Fauci de «désastre» et d’autres responsables médicaux d’«idiots» pour avoir suggéré des mesures même élémentaires pour combattre et contenir la pandémie mortelle.

La nécessité de prendre des mesures à la fois élémentaires et de grande envergure pour mettre fin à la recrudescence des infections à coronavirus a été soulignée dans une étude récente publiée dans le Lancet, qui montre que le taux de propagation de la maladie augmente en moyenne de 24 pour cent lorsque les écoles rouvrent. La recherche, menée par You Li à l’université d’Édimbourg, a également noté que la seule autre augmentation plus importante s’est produite après la levée des interdictions de rassemblements en personne, y compris sur les lieux de travail.

L’étude a utilisé les données de réouverture de 131 pays, dont les États-Unis et plusieurs pays d’Europe occidentale. On a constaté que «suite à l’assouplissement de la fermeture des écoles; des interdictions de manifestations publiques; des interdictions de rassemblements publics de plus de dix personnes; des exigences de rester à la maison; et des limites de déplacement interne», les nouveaux cas ont augmenté conformément aux modèles de propagation du coronavirus en l’absence de telles restrictions, atteignant un pic quatre semaines après la levée des restrictions. Bien qu’ils n’aient pas fait de commentaires sur le taux de décès suite à l’augmentation des cas, on sait que ce taux augmente deux à quatre semaines après l’augmentation des infections.

À l’inverse, les chercheurs ont constaté que de vastes restrictions à la mobilité, notamment l’interdiction d’événements publics; la fermeture de lieux de travail; la fermeture d’écoles et les ordres généraux de rester à la maison réduisaient la transmission du COVID-19 de 52 pour cent en moyenne en quatre semaines. La réduction de la transmission est encore plus prononcée lorsqu’elle est associée à d’autres mesures de santé publique, notamment des tests robustes de détection des coronavirus, la recherche des contacts et l’isolement éventuel des personnes infectées.

On a découvert une autre menace de la pandémie au Danemark la semaine dernière. Les autorités sanitaires danoises ont fait état de 12 personnes infectées par une souche mutante de coronavirus qui provient des 17 millions de visons que compte le pays. En réponse, le premier ministre Mette Frederiksen a ordonné que tous les visons soient tués afin d’arrêter la propagation d’une nouvelle souche du virus pandémique.

«En raison de la découverte d’une infection mutante chez le vison, qui affaiblit la capacité de former des anticorps, une action résolue est nécessaire», a déclaré Frederiksen mercredi. Le virus muté comporte le risque qu’un futur vaccin ne fonctionne pas comme il le devrait», a-t-elle poursuivi. Kaare Molbak, l’épidémiologiste en chef du Danemark, a repris ces commentaires. Il a averti que dans le «pire des cas, la pandémie reprendra, cette fois au Danemark».

Le fait qu’une telle possibilité soit même posée témoigne de l’incapacité de l’ordre social actuel à faire face à la pandémie. Le fait que les pires épidémies aient éclaté dans les pays capitalistes les plus «avancés», censés avoir le plus de ressources pour lutter contre la maladie, est une condamnation sans appel du capitalisme. Au lieu de cela, leurs élites dirigeantes ont resserré les rangs pour protéger les profits des banques et des sociétés, et non les vies humaines. De telles actions montrent clairement que la solution à la pandémie de coronavirus ne sera pas seulement médicale et scientifique, mais surtout politique, au fur et à mesure que la classe ouvrière luttera pour renverser ce système anachronique et désastreux et le remplacer par le socialisme.

(Article paru en anglais le 7 novembre 2020)