Le président français Emmanuel Macron déclaré positif au coronavirus

Par Will Morrow
19 décembre 2020

Le président français Emmanuel Macron a été déclaré positif au coronavirus, selon un communiqué publié jeudi matin par le palais présidentiel de l'Élysée. Le porte-parole de Macron, Gabriel Attal, a rapporté qu'il avait été testé mercredi soir, immédiatement après avoir commencé à ressentir des symptômes de fièvre et de toux sèche. Il a été placé en isolement pendant sept jours. Ses symptômes seraient actuellement bénins.

De nombreux chefs d'État en Europe ont annoncé jeudi avoir été contactés par les autorités françaises et ont déclaré qu'ils avaient été signalés comme cas de contact. Le premier ministre espagnol Pedro Sanchez a dîné avec Macron sans masque lundi. Le premier ministre portugais Antonio Costa est mis en quarantaine à titre préventif, après avoir rencontré Macron mercredi soir. Le premier ministre belge Alexander de Croo est un cas de contact après sa rencontre avec Macron lors du dernier sommet européen, et Charles Michel, le chef du Conseil européen, est en isolement.

Le président français Emmanuel Macron a été déclaré positif au COVID-19, a annoncé jeudi le palais présidentiel de l'Élysée (source: AP Photo / Francois Mori)

Dans le gouvernement français, le premier ministre Castex est entré en isolement, bien qu'il ait été testé négatif jeudi, et sera à nouveau testé dans sept jours. Le secrétaire de l'Élysée, Alexis Kohler, est en isolement. Macron avait également participé lundi à un déjeuner de travail avec les chefs de tous les groupements du Sénat, dont Jean-Luc Mélenchon, Valérie Rabault du Parti socialiste, et Olivier Brecht. Ils seront testés, mais ne sont pas des cas de contact officiellement désignés.

Il y a eu des déclarations de solidarité de la part d'autres chefs d'État européens, qui poursuivent la même politique de mettre fin aux mesures de confinement, même limitées, alors même que le virus se propage sur tout le continent. Boris Johnson et Ursula von der Leyen ont tous deux tweeté des déclarations de soutien. Dans la population, cependant, il n'y a pas eu le moindre signe de sympathie populaire pour le «président des riches», dont le gouvernement poursuit en somme une politique d'«immunité collective», permettant au virus de se propager dans toute la population.

Étant donné que les chefs d'État sont soumis aux mesures de dépistage les plus scrupuleuses, le fait que Macron ait été contaminé ne fait que souligner à quel point le virus est contagieux et combien criminelles sont les politiques qu'il mène.

La veille du test de Macron, la France a officiellement mis fin au confinement national très limité qui était en place depuis fin octobre. Ceci en dépit du fait que le nombre de cas quotidiens n’a jamais baissé sous la barre des 10.000 cas, le double de l’objectif officiel de 5000 que Macron avait posé comme condition préalable d'un déconfinement.

Contrairement au premier confinement de mars à mai, le dernier n'a jamais fermé les écoles ou les entreprises non essentielles. En conséquence, le nombre de cas de COVID-19 a diminué à un rythme beaucoup plus lent et on a permis consciemment à des centaines de milliers de personnes d'être infectées. La politique du gouvernement n'a pas été motivée par la nécessité de sauver des vies, mais de veiller à ce que la production non essentielle et l'extraction de profits puissent continuer. De milliers de personnes sont abandonnées à la mort. Le confinement partiel visait uniquement à empêcher une explosion sociale que la classe dirigeante craignait si les hôpitaux étaient complètement débordés de malades.

Même ces restrictions limitées sont maintenant levées, alors même que le ralentissement de la propagation du virus a commencé à s'inverser et s'accélère à nouveau. Au cours des deux derniers mois, la moyenne glissante sur sept jours a diminué, quoiqu’à un rythme beaucoup plus lent que lors du premier confinement, à un minimum d'un peu plus de 10.396 le 5 décembre, juste après le premier assouplissement des restrictions au début du mois.

Depuis lors, le nombre de cas est passé à 12.121, et les nouveaux cas et admissions aux unités de soins intensifs ont augmenté chaque jour cette semaine. Il y avait 2850 personnes aux soins intensifs mardi et 289 autres décès. Mercredi, plus de 17.000 nouveaux cas ont été signalés en 24 heures.

Des millions de familles devraient rentrer chez elles pour les vacances, accélérant encore la contagion. Mardi, le premier ministre Castex a annoncé que «dans la mesure du possible», les parents seraient autorisés à ne pas envoyer leurs enfants à l'école jeudi et vendredi cette semaine. Pourtant, la politique du gouvernement de garder les écoles ouvertes a été justifiée par de fausses déclarations selon lesquelles les enfants sont moins contagieux que les parents. La dernière «proposition» du gouvernement sera non applicable pour des millions de familles qui sont encore obligées d'aller travailler.

Macron a déclaré que son gouvernement est déterminé à procéder à la réouverture des écoles après la période des fêtes le 4 janvier et ne reportera pas la réouverture. Garder les écoles ouvertes vise à la fois à garantir que les parents peuvent continuer à travailler et à poursuivre une politique d'«immunité collective» en permettant au virus de se propager parmi les enfants.

Cela prépare un désastre encore plus grand. Mardi, le chef du conseil scientifique national, Jean-François Delfraissy, a accordé une interview à Le Parisien, dans lequel il a admis que «nous sommes arrivés à un plateau, avec une stagnation des nouveaux cas aux alentours 10 à 15 mille par jour. Probablement parce que ce virus est lié au climat et que la vague de froid favorise sa "recirculation". Et aussi car l'assouplissement des mesures a permis plus de mouvements de la population, et donc de contamination, même si les Français ont bien respecté les consignes.»

Il a ajouté: «Ce rebond pourrait-il survenir à la mi-janvier ou plus tard? La réponse est oui, le modèle n'a pas changé, le virus va continuer de circuler au fil de l'hiver. L'arrivée des vaccins n'aura pas d'impact sur le premier trimestre 2021 et très peu sur le deuxième. Ce début d'année ne sera pas différent de 2020.»

Delfraissy a ajouté que la campagne de vaccination dans les maisons de retraite «ne va pas débuter avant la mi-janvier et cela prendra jusqu' à fin avril, voire mai, pour immuniser les 22 millions de Français les plus à risque».

Pourtant Delfraissy a fait la remarque suivante: «On n'attend pas de reprise épidémique avant le 10 [janvier]. À priori, le retour en classe doit donc se faire à la date prévue.» Et les médias discutent déjà d'une probable «troisième vague».

En d'autres termes, il existe un vaccin qui pourrait sauver des dizaines de milliers de vies, mais qui ne sera pas distribué avant au moins quatre mois. Pourtant, le gouvernement Macron exige que les travailleurs et les lycéens retournent à la production non essentielle et à l'école, conduisant à d'innombrables nouveaux cas de COVID-19.

Sa politique repose sur une accélération continue de la pandémie tout au long de la partie la plus froide de l'hiver, avant que tout vaccin ne puisse être efficace. Cette politique de la mort est fondée sur la défense des intérêts du grand patronat et de la finance française pour empêcher toute entrave qui pourrait empiéter sur ses profits.

Dans sa déclaration publiée le 16 décembre, le Parti de l'égalité socialiste a avancé les revendications essentielles suivantes pour que la classe ouvrière intervienne dans la crise et empêche la propagation de la pandémie: 1) «Toute production non essentielle doit être arrêtée immédiatement; 2) Toutes les écoles et universités doivent être fermées à l'apprentissage en présentiel; 3) un confinement ne peut être efficace que dans la mesure où les travailleurs sont entièrement indemnisés et ont un revenu jusqu'à ce qu'ils soient en mesure de reprendre le travail.»

La lutte pour cette perspective nécessite la lutte politique indépendante de la classe ouvrière à travers l'Europe pour le socialisme, en opposition à tous les partis capitalistes.

(Article paru en anglais le 18 décembre 2020)